vendredi 12 décembre 2014

Une belle vie de chien en fin de compte...



Hier fut le dernier jour de ma vie. Une vie qui a duré 16 ans et demi. Tout de même. Alors qu'on m'en donnait que 12 à tout casser. pff bande de branleurs. Je leur ai tous cloué le bec. Et si j'avais pas eu cette foutu tumeur, j'en aurai accumulé encore des années, ça c'est sur. Parce-que j'adorais la vie. Mes trucs préférés? Ouh là j'en avais tout pleins. Pleins de choses qui emmerdaient bien mes maîtres aussi. Mais pour rien te cacher, je m'en foutais un peu. Je vivais ma petite vie. tranquilou, pèpère, comme un bon vieux cocker de 16 et demi (je tiens aux demi hein!). 

Après ma seconde vie, qui a commencé avec mes deux franchouilles préférées il y a presque 7 ans, je me suis définitivement installé dans ma propre valise. Pour mon propre voyage. Non ne pleure pas ça sert à rien. J'ai bien vécu. J'en au fais des choses.
Dis-toi que j'étais condamné il y a 10 ans. Juste pour avoir essayer de mordre un gamin. Saleté de gamin, il avait pas à me triturer les oreilles comme ça. J'aime pas qu'on me triture les oreilles sans me le demander. Je préviens, et s'il comprends pas, ben c'est qu'il a rien compris. Plutôt que de me dresser et de se remettre en cause, on m'a donc abandonné. Et vu que je suis un anti-social invétéré, personne ne voulait de moi. Qu'est ce qu'ils me gonflaient tous à gueuler comme des putois dès qu'un humain passait devant eux... Moi j'en avais rien à faire. Sur ma cage était marqué " En sauvetage, n'aime pas les chiens, pas les enfants mais bien les adultes"... Et ces deux couillons sont passés devant moi. J'ai fais style je les voyais pas. Ils ont tenté de m'appeler, mais oh, je suis pas n'importe qui, je viens pas au moindre sifflement moi. Faut que y'ait au moins quelque chose à bouffer en échange. Mais je sais pas ce qui leur a pris, la fille a dit "c'est lui que je veux". ?!. Après j'ai compris. On avait tous les trois le même caractère. Fallait pas qu'on viennent nous emmerder. Alors on s'est très bien entendu. Bon ils ont tentés de me dresser. Un peu. En même temps on ne m'avait rien appris.Ils m'ont donc appris à attendre pour manger (mouais...), à attendre avant de rentrer à la maison, à jouer, à ne plus avoir de câlins quand je le demandais mais quand c'était eux. Bref, c'était des maîtres quoi. Et je les aimais. Alors je leur faisais tous pleins de câlins. Tout le temps. Surtout le soir, j'adorais emmerder le franchouille en lui grimpant dessus et lui foutant le reste de mes croquettes sur le sweat. Quand à la franchouille, on avait nos petits rituels: un le matin après le thé, un le soir quand elle rentrait tard. Forcément y avait que moi qui l'attendait. (tu m'étonnes je dormais toute la journée, donc à 1h du matin j'étais au taquet!).

Bref, 7 ans de vie commune à partir à l'aventure.... 
Le truc que je détestais avant tout, c'était de les voir préparer leurs valises et ne pas m'emmener. Alors dès qu'ils laissaient leurs sacs ouverts, direct je me faufilais dedans. Qu'est-ce-qu'on y était bien. Résultat, leur sacs et leurs fringues puaient mon odeur. Mouaaahhh. Mais je voulais pas qu'ils m'oublient moi...

Là on ils auraient pu m'oublier, c'est quand ils ont eu l'excellente idée de m'emmener avec eux dans le grand froid. Franchement. Vivre au canada... 6 mois sur 12 le franchouille devait me faire un passage dans le jardin tellement la neige était haute. Impossible pour moi d'aller pisser. Quelle idée.

Et puis y'a des bestioles bizarres là bas. Des ours (d'ailleurs le franchouille avait prévu de me laisser face à face avec l'un deux si on en rencontrait un, merci la solidarité et l'attachement maître-chien...), des orignaux, des ratons-laveurs et surtout la miss moufette... Ça mes maîtres s'en souviendront longtemps En même temps, grâce à moi, ils savent désormais à quoi ressemble l'odeur de moufette et comment s'en débarrasser. Ou pas. Rien de tel qu'un petit jet sur mes beaux poils luisants 10 jours avant le départ d'un périple de 3 semaines...en camping! Résultat, j'avais été tondu, je ressemblais à un grand rat tout mignon à oreilles de choux. La cata.


Ah parce-que oui, ils m'ont emmené dans toutes sortes de logements possibles et inimaginables... Le pire? La tente. A 3 dans une petite quechua c'était l'horreur. Et ça me donnait toujours envie de pisser à 3h du matin. Et puis on a eu les motels du bord de routes américaines, les maisons normandes, une abbaye, un hôtel spa breton, une ferme du 17eme nantaise, une soute d'avion, une voiture...
J'adorais la voiture. Ça m'endormais. Et au moins on m'avait pas oublié.


Le truc que j'adorais aussi c'était l'eau. Dès que j'en voyais, c'était plus fort que moi, fallait que je plonge. Au grand dam de mes maîtres parce que forcément après fallait que je sèche, et la plupart du temps..dans la voiture! Et aussi parce que comme dans la vie en général, je me foutais de tout et je nageais, sans savoir où j'allais... mes oreilles au vent!

























Ah et ça c'était les délires de ma maîtresse... J'étais un pur objet de rigolade parfois. A mon grand désespoir (je vous passe la photo où elle m'a foutu un chapeau de la saint jean sue le crâne...)

Et la bouffe, toujours la bouffe... Dès que y'avait quelque chose dans les parages, zetes sûrs que j'y étais! D'ailleurs,ma dernière boulette a été de bouffer une boîte entière de chocolats que les deux franchouilles s'étaient offerte... Ca va, ils s'en sont rendus compte que le lendemain, j'avais tout bien avalé, emballages compris... Et j'ai même pas été malade. trop top. En même temps, qui n'aurait pas été attiré, c'était de la torture de me foutre ça sous le nez...sur une table soi disant inaccessible. J'étais vieux mais pas sénile. 



Franchement, parfois quand je mate certaines photos, j'aurais pu être mannequin. J'avais un truc non? Ouais j'étais trop beau gosse, je sais. La franchouille me le disait trop souvent..mais elle terminait toujours par "faut que j'arrête de te le dire sinon tu vas finir par me faire craquer...oh mon doudouuuuu". Elle était folle. Dingue de moi.

Et voilà. Je suis parti. Je les ai laissés tous les deux. En amoureux. Je sais que je vais leur manquer. Mais j'ai laissé mon odeur partout. Notamment sur le canapé, où j'avais pas le droit d'aller. Mais je suis parti heureux. Avec des croquettes (ma véto me connaissait par cœur...). J'ai eu deux vies. Je me souviens plus trop de la première, mais en tout cas la seconde, elle était fantastique. Je suis fière de tout ce que j'ai accompli, de tout ce que j'ai vu, de tout ce que j'ai mangé. J'ai été comblé. Les deux franchouilles aussi. Alors à bientôt.

1 commentaire:

  1. Ah Bill ! ton passage chez nous n'avait pas été une mince affaire : entre la voisine du dessous qui s'était plaint car tu avais randonné dans l'appartement une bonne partie de la nuit (c'était pas ta faute, l'immeuble était en carton), puis mon chien qui depuis a une phobie des cockers !!!
    Ah Bill, on aimait se moquer gentiment de ta délicate odeur, je me rappelle de Fred tout paniqué qui me demandait des conseils suite à ton câlin avec une moufette ;-)
    Ça fait plusieurs fois que je lis ton petit mot, puis même si tu as dit de ne pas pleurer, bah moi je suis trop sensible, alors je pleure un petit peu quand même.
    Tu resteras pour moi, le premier chien aux oreilles de caribou, puis c'est pas rien ça !

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Les deux franchouilles...

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Les deux franchouilles sont de retour au pays de la broue avec leur passager clandestin. Ils ne rêvent que d'une chose: continuer leur vie désormais bien canado-franchouillarde mais tout aussi farfelue, l’espèrent-ils... Et laissez-nous un tit message bien franchouillard, ça fait toujours plaisir...

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