dimanche 2 janvier 2011

Sur la route 138...

J'aurais bien mis un petit de Palmas et vous mettre les photos de notre mini périple de jeudi dernier mais je n'ai pas encore reçu le don de l'informatique alors...on va s'en passer! Disons juste que nous avons décidé de louer une voiture pour la journée afin de sortir enfin de Montréal. Le circuit a été décidé le soir même après avoir mis de côté Québec et Trois Rivières car dépassant le kilométrage inclus... C'est donc sur le début de la route 138 que nous sommes partis jeudi matin vers 10h30. Mais qu'est-ce-que c'est donc que cette route 138? Elle se croit aux us ou quoi? Et bien presque! Enfin, on va dire que c'est une route 66...sous la neige et le long du fleuve Saint Laurent! En fait, elle s'appelle la route 138, ou chemin du Roy. C'est la première route carrossable du Canada, construite à partir de 1731 pour relier Montréal à Québec. Nous avons traversé six municipalités jusqu'à Berthierville, petit patelin soit disant structure d'accueil pour les touristes mais qui fut encore plus mort que les village de 600 habitants! Les 6 villes traversées:
  • Repentigny, ville de 78812 habitants
Fondé en 1670 et qui, en 1677, ne comptait que 30 habitants! Elle a été ensuite considéré comme une ville de villégiature pour les montréalais vers 1920 grâce à sa plage longue de 8km le long du st laurent. Aujourd'hui elle a fait place à la banlieue de Montréal. Beaucoup d'immeubles en construction le long du fleuve, des commerces le long de la route...
  • Saint Sulpice, ville de 3349 habitants
L'origine de la ville remonte au tout début de la colonisation de la Nouvelle France. C'est de là que nous avons pu prendre de jolies photos du fleuve glacé en faisant attention de ne pas marcher sur une propriété privée... Car les bords du fleuve sont envahis par les propriétés privées: de jolies maisons avec d'immenses terrains qui donnent directement sur le fleuve. Quel pied...
  • Lavaltrie, ville de 12514 habitants
C'est la ville de Victor Bourgeau. Qui ça? Euh entre nous, je vous rassure, je ne le connaissais pas non plus. Et c'est pourquoi je bénie d'être née à la fin du XX° sous le règne de l'internet! désormais, je sais enfin qui est ce célèbre sculpteur et architecte: il a entre autre réalisé à Montréal l'intérieur de la basilique Notre Dame, l'église St- Pierre- Apôtre ou encore la cathédrale St Jacques... Outre la ville natale de ce talent, Lavaltrie conserve aussi de très jolies maisons victoriennes et de boutiques d'antiquités. J'ai voulu m'arrêter dans le "centre-ville" mais nous nous sommes vite rendus compte qu'il n'y en avait pas. La ville a l'air d'être construite le long de la route... J'ai pu prendre quelques photos, histoire de vous montrer tout de même à quoi ressemblait la jolie église de Lavaltrie!
  • Lanoraie, ville de 4237 habitants
Là, c'est la ville natale d'Honoré Beaugrand (lui à part la station de métro, c'est pour le moment tout ce que je sais de lui... ouh the honte!) et de Louis-Joseph Doucet. Alors comme je suis une jeune femme sérieuse et "professionnelle" (oui oui faîtes au moins semblant d'être d'accord!), petit coup d'oeil vite fait sur mon ami préféré Goog... et j'appris donc que Beaugrand était un politicien et un journaliste du milieu du XIX° et que Doucet fut un poète de la fin du XIX° milieu du XX°... Hormis ses "grands hommes", Lanoraie accueille une des seules réserves écologiques du Québec accessible aux visiteurs. Nous n'avons, malheureusement, pas pu y aller...
  • Berthierville, ville de 3984 habitants
Alors j'ai lu dans le merveilleux petit guide touristique de Berthierville était une ville-relais, c'est-à-dire un centre ouvert toute l'année aux touristes de passage. Chouette que je me suis dit (et que j'ai dit aux autres d'ailleurs...), on va manger là bas! en plus, ils disent qu'il y a "un ensemble géographique exceptionnel de 103 îles classées en novembre 2000 Reserve de biosphère du Lac st pierre par l'Unesco!". Devant l'intérêt sceptique de mes co-voyageurs, j'ai tout de même réussi à les embarquer sur l'île de Dupas, où je voulais voir leur "50% de milieux humides, ses 27 espèces de plantes rare, ses 79 espèces de poissons et ses 288 espèces d'oiseaux dont 12 sont considérée comme menacées"!!! mais c'est un paradis! Mouais. un paradis au printemps, en automne ou encore en été mais en hiver... Difficile de distinguer l'eau de la terre, et les oiseaux...ben ils ont du tous hiberner en se disant que Marie allait débarquer car on n'a rien vu du tout. A part...ben du blanc. Bon, je me suis dit, c'est pas grave, on va peut être se balader et voir les maison sur pilotis, ça doit être joli ça des maisons sur pilotis. Ben non. Ou alors on a du très mal s'y prendre mais on n'a rien vu. Excepté le port d'embarcation pour Sorel, de l'autre côté du saint- Laurent. Nous reviendrons en été! Pour me rattraper, j'ai proposé à ce que qu'on aille manger à Berthierville: C'est une ville-relais, tout est ouvert paraît-il... paraît-il oui. Nous sommes entrés dans le seul resto qui était ouvert, nous sommes restés 6 bonnes minutes à tenter d'interpeler le gérant au milieu d'un capharnaüm pas possible pour ensuite vite ressortir: le resto était ouvert seulement pour laisser passer les livraisons. Bon ben on va manger au supermarché à l'extérieur de la ville... J'aime voyage en dehors des saisons, il n'y a aucun touriste. C'est sûr, rien n'est ouvert. Et voici une magnifique sculpture végétale du Macdo en hommage à Jean Villeneuve qui est situé à Berthierville! Mais on s'est rattrapé avec la suite de la journée! Nous avons découvert (après l'avoir bien cherché dans la mauvaise direction) par hasard le pont couvert, magnifique, le plus vieux pont de type town du Québec! Fallait voir ça!
  • Joliette, ville de 18263 habitants
Puis, direction la ville de Joliette, où nous nous sommes baladés dans le centre-ville. Ville de taille moyenne on va dire, elle abrite un musée d'art ainsi qu'un Amphithéâtre où se tient un festival de musique classique assez réputé. Des panneaux historiques nous expliquaient les différents points de vue historiques de la ville tels que la cathédrale, la maison des clercs de St Viateur ou encore la place Bourget où trônaient encore les restes d'une exposition de sculptures de glace.
  • Rawdon et les chutes Dorwin
Enfin, avant que le soleil ne disoparaisse (même si la nuit tombe un peu plus tard ces derniers jours, les journées restent tout de même trop courtes!), nous sommes allés à Rawdon, voir les fameuses chutes Dorwin. J'avais vu une photo dans le petit guide dont je vous avais parlé tout à l'heure et je trouvais ça tellement beau que j'ai décidé d'y aller! Et franchement, nous n'avons pas été déçu: c'était tout bonnement magnifique. Les chutes sont situées dans un parc national. Et ce qui est bien (pour une fois!) hors saison, c'est que ces parcs, en général payants (et chers!), sont gratuits! Et les chutes ont leur légende ce qui magnifie encore plus le site... (tiré de http://grandquebec.com/legendes-du-quebec/legende-chutes-dorwin/)

Légende sur les chutes Dorwin

Racontée par Henri Tellier (vers le début du XXe siècle)

Il y a de cela bien des lunes, vivait dans les terres de chasse des Algonquins, sur les hauteurs que couronne aujourd’hui le village de Rawdon, un vieux sorcier indien, le méchant et tout puissant Nipissingue. Maître en sorcellerie, Nipissingue pouvait rendre des points à tous les sorciers des autres tribus, et le grand conseil des Sachems ne décidait jamais rien sans l’avoir auparavant consulté.

Fort rusé, adroit et mauvais, le sorcier menait à sa guise le clan des Algonquins. Bien des ennemis personnels avaient rejoint leurs ancêtres pour lui avoir déplu. Personne n’avait osé lui résister. Dans la même tribu vivait la douce Hiawhitha. Fille de Sachem, l’incomparable indienne aux yeux sombres était belle comme un jour ensoleillé et droite comme une épinette. Sa jeunesse et sa beauté avait captivé bien des coeurs mais le terrible Nipissingue l’aimait et personne n’osait la lui disputer. Malheureusement pour le sorcier, Hiawhitha n’était plus libre car elle avait donné son coeur à un autre. Elle possédait un maître.

Née sur les bords du fleuve géant au confluent de la Rivière-Qui-Marche, la jeune Algonquine avait vécu chez les blancs et parmi eux avait écouté Robe Noire. Le Père Jogues, plus tard martyrisé, avait parlé à Hiawhitha du vrai Manitou: celui qui aime et qui pardonne, celui qui s’était donné à la mort pour que nous vivions. Captivée par les figures de Jésus et de Marie, Hiawhitha s’était renseignée et bientôt avait cru.

Baptisée, elle était profondément chrétienne. Bien plus, elle avait donné son coeur à ce maître si bon, promettant de le lui garder toujours. La jeune indienne ne pouvait donc, ni ne voulait entrer dans le wigwam du grand sorcier. Mais Nipissingue n’était pas chrétien et se moquait de telles sornettes.

Un soir de conseil, quand le calumet eut trois fois circulé autour de la flamme rouge dansante, Nipissingue se leva, drapé dans la couverture de lin rouge et blanche : « Hugh frères. Le grand Manitou ne veut plus voir son sorcier seul sur la route. Hiawhitha l’accompagnera. J’ai dit. » Trois fois encore le calumet s’aviva aux bouches lippues sous le nez en bec d’aigle et le plus vieux des Sachems articula en grimaçant : « Le grand Manitou est sage, Nipissingue ne marchera plus seul. » Le sorcier était fiancé.

Il ne restait plus qu’à préparer les magnifiques cérémonies et les danses qui consacraient à jamais l’union d’une fille de Sachem avec le tout puissant messager du Manitou. Hiawhitha cependant ne l’entendait pas ce cette oreille. Désemparée, elle se livra à une prière encore plus intense et demanda l’aide de Dieu à qui elle s’était confiée, puis décida d’aviser Nipissingue de son vœu. Le sorcier éclata de rire, puis se moqua d’elle avant de la menacer de mort, si elle ne changeait point sa décision.

Hiawhitha se sentit perdue. Soudain elle eut une idée. Fille de Sachem, elle n’avait point le droit de refuser le mariage mais avait le droit de choisir son époux. Elle n’avait donc qu’à prendre un autre que Nipissingue. Arondack, son ennemi juré, comprendrait sans doute la promesse d’Hiawhitha car il était bon. Ainsi la jeune promise garderait son cœur intact au Grand Maître.

La jeune Algonquine fit connaître sa décision au conseil des Sachems qui s’inclina. Elle se prévalait d’un droit traditionnel qui n’appartenait point aux Sachems de faire disparaître. Nipissingue, informé, fit une colère noire, se rua au feu du conseil, jura de faire sombrer le clan sous ses maléfices si la jeune Indienne ne l’épousait pas… puis se retira vaincu, la haine au cœur et l’injure à la bouche. Hiawhitha cependant, n’épousa point Arondack.

Nipissingue, sorcier retors toujours écouté au conseil des Sachems comme messager du Grand Manitou, lança les Algonquins sur le sentier de la guerre. Si Nipissingue avait compté sur les aléas des combats pour se débarrasser de son ennemi… il avait bien jugé. La guerre fut désastreuse et Arondack revint mourant à son wigwam. Hiawhitha, fiancée par son choix, et d’ailleurs depuis toujours garde-malade de la tribu se tint à son chevet et prépara les infusions de plantes qu’elle cueillait elle-même dans les bois environnants.

Un jour, manquant de plantes et s’éloignant du camp pour en récolter, Hiawhitha se dirigea vers le profond précipice Dorwin au fond duquel coulait alors un mince filet d’eau saumâtre. Quelques racines de salsepareille couraient sur les bords du gouffre. La jeune Algonquine se pencha pour les cueillir. Nipissingue, à l’affût, la vit. Toute la rancune afflua au cœur de l’indien. Sans réfléchir, devant cette proie facile qui s’offrait à lui, il s’emporta et courut sur elle. D’un geste brusque, il la précipita dans l’abîme puis se pencha pour voir son corps frêle se déchiqueter sur les rocs.

Il ricana férocement savourant sa vengeance mais… il ne vit rien. Il ne verra jamais plus rien. À peine le corps de Hiawhitha eut-il touché le mince filet d’eau que le précipice vibra d’un coup de tonnerre et qu’une magnifique chute, multipliant à l’infini le lin blanc de la robe de l’Indienne, jaillit au sommet et se rua dans la gorge étroite où depuis elle ne cesse de bondir et de chanter. Nipissingue, stupéfait, s’immobilisa et fut changé en pierre par le Grand Manitou et condamné à entendre ainsi pendant des siècles le chant de victoire de Hiawhitha.

C'est donc avec de superbes images dans la tête que nous sommes rentrés sur Montréal. Nous avons profité de la voiture pour aller faire de grandes courses. Quel bonheur de ne plus attendre le bus dans le froid, porter dans des sacs et d'éviter de prendre des choses lourdes! Nous avons pleinement profité de cette heure de courses: le frigo est rempli!

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Les deux franchouilles sont de retour au pays de la broue avec leur passager clandestin. Ils ne rêvent que d'une chose: continuer leur vie désormais bien canado-franchouillarde mais tout aussi farfelue, l’espèrent-ils... Et laissez-nous un tit message bien franchouillard, ça fait toujours plaisir...

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